Book review : Les conquérants de l'inutile de Lionel Terray

Book review : Les conquérants de l'inutile de Lionel Terray

Quitter la ville, le bruit, la routine d'une vie ordinaire et suivre un chemin qui s'ouvre sur des ailleurs rêvés depuis longtemps. Qui n'en a jamais eu l'idée ? Les récits de ces aventuriers, qui, en se mesurant à la puissance de la nature, en ont découvert tous les périls mais aussi toute la beauté, nourrissent cette soif de voyages, ancrée en l'être humain depuis les grandes migrations de la Préhistoire. Au fil des pages, on vibre en partageant les émotions, les efforts, les succès et les échecs de ces explorateurs qui, un jour, sont allés jusqu'au bout de leur rêve.

Je souhaite te partager cette Book review qui invite au voyage et nous incitent à agir pour combler notre désir de départ.

Les conquérants de l'inutile de Lionel Terray

Une seule passion : la montagne

Publié une première fois en 1961, ce grand classique de la littérature de montagne est bien plus qu'une autobiographie. Les conquérants de l'inutile, c'est l'histoire d'un homme qui a su affronter tous les dangers pour assouvir sa soif d'aventure et être en harmonie avec lui-même dans une intense confrontation avec la nature.

Son enfance, ses années de jeunesse (Lionel Terray est né en 1921), les premières courses qu'il effectue dans les Alpes et sa rencontre avec Gaston Rébuffat en 1941, scellent sa passion pour la montagne et pour l'alpinisme.

En rupture totale avec les sages projets que ses parents formaient pour lui, le jeune homme voit plus haut, plus grand, plus loin et s'engage totalement dans l'ascension des sommets alpins en compagnie de Louis Lachenal avec qui il forme une cordée exceptionnelle.

Lionel Terray ou la pureté d'un idéal

Ce n'est ni pour la gloire, ni pour le goût du danger, ni pour la performance, que Lionel Terray a conquis certains des plus grands sommets au monde. Son intérêt se porte avant tout sur la qualité technique d'une ascension, sur la richesse de l'expérience humaine et sportive et sur les émotions partagées avec ses compagnons de cordée.

Cet idéal transparaît dans les mots qu'il écrit à propos de l'ascension victorieuse du Makalu qui lui a semblé presque trop facile :

"Comme elle est loin de moi l'ivresse orgueilleuse que j'ai parfois connue, lorsque, après une lutte où j'avais mis toutes mes forces et tout mon coeur, d'un dernier coup de rein je me dressais sur un sommet plus modeste." regrette-t-il.

Repousser toujours plus loin ses propres limites en allant puiser des ressources physiques et mentales insoupçonnées, c'est l'unique ambition qui l'anime et la seule manière de trouver le sens de sa vie. Un idéal largement atteint !

Un récit lumineux

"Que vaut ma vie entière de platitude et de médiocrité auprès de ces heures d'action totale et de bonheur parfait ?" écrit Lionel Terray après l'extraordinaire épopée de la conquête de l'Annapurna menée par Maurice Herzog.

Emporté dans l'aventure, j'ai vécu toutes les péripéties dramatiques de cet exploit incroyable. La limpidité de l'écriture insuffle de la vie, de la chair et du coeur dans la description des paysages, comme dans celles des sensations éprouvées par les hommes. Si bien qu'après la lecture, il me reste un sentiment de plénitude et de joie profonde similaire à celui que l'on ressent après une course en montagne.

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